Ces petits gestes gratuits qui peuvent sauver le monde 🌍

Notre monde, malade, est touché par un nouveau virus.

Cela faisait longtemps que ce virus couvait, mais aujourd’hui nous ne pouvons plus le cacher. Beaucoup de cerveaux ont été contaminés, par-delà le monde. La haine, la vulgarité, la violence, l’intolérance, l’aveuglement, l’ignorance en sont les symptômes les plus visibles.

Malheureusement, le mal est si profond que la reprise en main sera longue, douloureuse, et la médecine devra commencer par être modeste. Fini les discours enflammés des estrades publiques, les grandes politiques et les plans quinquennaux.

Nous devrons repartir de la base — toutes ces petites choses modestes qui ont disparu et qui étaient si importantes.

1. La dérive des réseaux sociaux 📱

Je suis comme tout le monde, passionné par mon fil d’actualité d’Instagram, Facebook, LinkedIn… Au fil des années, là où j’apprenais des choses et pouvais échanger, j’ai constaté une double dérive.

La machine à vendre

D’un côté, tout est devenu business, plus ou moins caché. Ceux qui veulent vous forcer à admettre que vous avez un besoin qui mérite d’être — c’est urgent — réglé grâce à leurs bons soins onéreux. Je ne cesse de recevoir des sollicitations, des mails de relance plus ou moins comminatoires, avec toujours cette offre magnifique qui va s’arrêter dans quelques minutes si je ne me décide pas vite…

La machine à opinions

De l’autre, ceux qui font de la retape pour je ne sais quelle idéologie — bref, vous forcer à penser comme eux.

D’une idée généreuse où l’on pouvait se connecter, s’entraider, partager de l’information et s’enrichir mutuellement, les réseaux sociaux sont devenus une vaste entreprise de marketing « sponsorisée ».

Et puis est apparu, sous des allures modestes puis aujourd’hui de manière massive, l’expression d’opinions et d’avis sur tout. Le principe du « like », du commentaire sollicité — après un déjeuner au restaurant, une nuit d’hôtel — a donné le sentiment à tout un chacun que son opinion était sollicitée. Tout le monde s’est érigé en juge partial de tout.

Et là, le moins qu’on puisse dire, c’est que la nuance a disparu des écrans radars au profit de l’émotion personnelle immédiate.

Ce que la science nous révèle sur cette dérive

Les neurosciences expliquent pourquoi cette dérive était prévisible — et pourquoi elle est si difficile à contrer. Chaque notification, chaque like, chaque commentaire déclenche une décharge de dopamine dans notre cerveau — la même molécule du plaisir qui est activée par la nourriture, le jeu et certaines substances addictives. La revue Psychological Science l’a confirmé : les réseaux sociaux peuvent créer de l’accoutumance au même titre que l’alcool ou la cigarette.

Les algorithmes de ces plateformes sont conçus pour maximiser le temps passé à l’écran — pas pour nous informer ni nous enrichir. Et ce qui maximise le temps passé, ce ne sont pas les contenus nuancés, réfléchis, constructifs. Ce sont les contenus qui provoquent des émotions fortes : l’indignation, la colère, la peur, la moquerie. L’algorithme ne fait pas de distinction entre le bien et le mal — il fait la distinction entre ce qui génère de l’engagement et ce qui n’en génère pas.

Les Français passent en moyenne entre 1h45 et 1h57 par jour sur les réseaux sociaux en 2025. Trois milliards d’utilisateurs dans le monde y consacrent en moyenne 3h45 par jour. Et 46 % des 18-24 ans déclarent que les réseaux sociaux nuisent à leur santé mentale, selon le baromètre Yougov/Dailymotion 2024. 65 % des jeunes entre 18 et 24 ans ont déjà été confrontés à de la violence en ligne.

À force d’avoir perdu leurs valeurs, certains réseaux vont finir par perdre toute valeur.

2. La liberté d’expression signifie-t-elle la liberté de dire tout ce qui passe par la tête ? 🗣️

La liberté d’expression est un bien précieux. Nous savons toutes et tous que cette liberté est entravée dans bien des parties de nos vies, où dire tout ce que l’on pense vraiment nous serait préjudiciable.

Vous vous voyez dire à votre boss demain matin au bureau :

« Tu as une sale tête aujourd’hui, on va encore morfler avec ton sale caractère… »

« Lors de ta dernière intervention, je n’ai rien compris à ce que tu as voulu dire, on fait quoi en définitive ? »

Je ne suis pas un partisan de l’encadrement de la liberté d’expression sous toutes ses formes. Par contre, je suis pour l’éducation qui permet aux personnes de s’autoréguler et d’admettre que la liberté d’expression n’est pas le loisir de dire tout ce qui vous passe par la tête, n’importe comment et sans respect pour ses auditeurs.

Cette éducation commence à la maison, à l’école, dans les entreprises — bref, partout où il y a des contacts humains. Comment apprendre à s’exprimer sans violence verbale, agressivité, excès, déformations — et avec honnêteté ?

Les recherches en communication non violente, initiées par Marshall Rosenberg, montrent que la violence verbale n’est pas un problème de contenu mais de forme. On peut dire des choses difficiles à entendre — à condition de les formuler en termes de besoins et d’émotions plutôt qu’en termes de jugements et d’accusations. La différence entre « tu es incompétent » et « j’ai besoin de clarté sur ce projet » est immense — dans l’impact comme dans le résultat.

3. Une opinion n’est pas un fait 📌

Je ne sais pas vous, mais j’ai constaté qu’il suffisait qu’une personne affirme une opinion étayée par des arguments creux pour que ceux qui reprennent le contenu à leur profit considèrent qu’il s’agit d’un fait — ou mieux, d’une information vérifiée.

Ce phénomène a un nom en psychologie cognitive : l’effet de vérité illusoire. Plus une affirmation est répétée — quel que soit son fondement —, plus notre cerveau la perçoit comme vraie. Ce n’est pas un défaut d’intelligence : c’est un mécanisme cognitif automatique. La familiarité crée l’illusion de la vérité.

Les études sur la désinformation en ligne confirment l’ampleur du problème. Une recherche de l’Université de Montréal publiée en 2025 sur 1 000 vidéos TikTok a montré que moins de 21 % des contenus présentés comme éducatifs mentionnaient une source scientifique. Sur TikTok, le taux de désinformation atteint 52 % pour les vidéos liées au TDAH et 41 % pour celles liées à l’autisme. Les contenus reposent sur des opinions, sans sources fiables, ou cherchent à séduire, à provoquer ou à vendre plutôt qu’à informer.

Comme le disait Daniel Kahneman, notre Système 1 — rapide, intuitif, émotionnel — traite les informations en mode automatique. Il ne vérifie pas les sources. Il ne distingue pas le fait de l’opinion. Il retient ce qui est simple, frappant et répété. Et les réseaux sociaux sont conçus pour alimenter ce Système 1 en flux continu — sans jamais activer le Système 2, celui qui vérifie, nuance et réfléchit.

4. Nous avons le pouvoir de changer les choses ✊

Nous sommes toutes et tous actrices et acteurs de cette mauvaise pièce de théâtre qui se joue sous nos yeux. Tout le monde ne décidera pas de changer ses mauvaises habitudes. Par contre, si une masse suffisante d’entre nous décidait de ne plus jouer ce jeu pervers, alors les choses peuvent évoluer.

Que pouvons-nous faire ?

Dialoguer sans agresser. Partout où nous constatons des dérives, faire prendre conscience aux excessifs des limites de leurs affirmations — sans agressivité, mais avec beaucoup de pédagogie et de bienveillance.

Ne pas être soi-même dans l’invective. La polémique, le rejet, la haine de l’autre — ne nourrissons pas le monstre que nous dénonçons.

Soigner sa façon de s’exprimer quel que soit le mode d’expression, afin de ne blesser volontairement personne.

Être plus tolérant. Inutile de sortir ses mots les plus crus à chaque action d’un tiers qui ne nous convient pas. Gardons nos colères pour des sujets sérieux.

Rechercher les faits. Face aux affirmations, chercher les faits et tenter de comprendre plutôt que de réagir avec la meute.

Les recherches sur la « contagion prosociale » montrent que les comportements positifs se propagent dans les réseaux sociaux exactement comme les comportements négatifs — mais avec une différence cruciale : les actes de bienveillance ont un effet multiplicateur. Une étude de James Fowler et Nicholas Christakis a montré qu’un acte de générosité se propage jusqu’à trois degrés de séparation : la personne qui en bénéficie agit à son tour avec plus de générosité, et la personne qui bénéficie de cette deuxième générosité fait de même à son tour.

Un seul geste positif peut toucher des dizaines de personnes — sans que vous le sachiez jamais.

5. Ces petits gestes gratuits 💛

La scène se déroule à l’aéroport de Roissy. Un vieux couple d’étrangers est perdu devant les machines à billets de train. Un homme s’approche, leur demande ce qu’ils veulent, leur donne la bonne direction et deux tickets de RER — gratuitement.

Cette fois-ci, la scène se passe sur le quai du RER. Une jeune femme étrangère doit rejoindre Roissy et se trouve à la station Charles-de-Gaulle, ayant confondu l’aéroport et la station de RER. Elle est accompagnée dans le dédale des couloirs, remise sur le bon chemin.

Un jeune couple en panne sur l’autoroute se voit conduit jusqu’à la prochaine station-service pour alerter une dépanneuse, puis raccompagné sur le lieu de panne pour attendre avec eux.

Cette dame qui peine à monter les escaliers avec sa lourde valise se voit aidée par un jeune homme.

Une personne que vous croisez qui vous regarde — vous lui souriez.

Toutes ces personnes ne se connaissaient pas, ne se reverront jamais, et pourtant nous assistons à un geste humain, gratuit, sans attente de retour.

Pourquoi ces gestes comptent plus qu’on ne le croit

Les neurosciences ont montré que les actes de bienveillance activent les circuits de la récompense dans le cerveau — libérant de l’ocytocine (l’hormone de la confiance et de l’attachement) et de la sérotonine (l’hormone du bien-être). Cet « effet de l’aidant » (helper’s high) procure un sentiment de bien-être non seulement à celui qui reçoit, mais aussi — et parfois surtout — à celui qui donne.

Jacques Lecomte, docteur en psychologie et auteur de La bonté humaine, a rassemblé des centaines d’études qui démontrent que la bonté n’est pas un idéal naïf — c’est notre nature profonde. Un bébé d’un an se porte spontanément au secours de quelqu’un qu’il voit en difficulté. Lors d’une catastrophe naturelle, il n’y a pratiquement pas de pillages — mais beaucoup d’entraide. Notre cerveau est câblé pour la coopération, pas pour la compétition.

Partout, en tout lieu, nous pouvons être ces personnes qui prononceront une parole réconfortante, un encouragement, un sourire, donneront une aide précieuse à un moment clé.

Pas de grandes choses. Juste un petit coup de main plein d’humanité. Un moment suspendu dans un monde plein de fureur, qui fait encore croire en l’humanité et dans un avenir meilleur.

Conclusion : nous ne pouvons pas changer le monde — nous pouvons changer notre monde 🤎

Chacune et chacun d’entre nous, à notre place, nous pouvons chaque jour contribuer à rendre le monde meilleur par ces petits actes simples et lumineux.

Ces petits moments positifs qui comportent en eux-mêmes une énergie positive qui va se diffuser. Ces petits exemples qui seront repris et feront tache d’huile — tant leur puissance est bien supérieure à tous les arguments et déclarations.

Face à la pollution numérique des esprits, face aux algorithmes qui amplifient le pire de nous-mêmes, face à la confusion entre opinions et faits — la réponse n’est pas technologique. Elle est humaine. Elle est dans chaque interaction, chaque échange, chaque regard.

Nous ne pouvons pas changer le monde. Nous pouvons changer notre monde.

Et si suffisamment de personnes changent leur monde — alors peut-être, tache d’huile après tache d’huile, le monde changera.

Un sourire à la fois.

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Christian Charlat Fondateur de Protos Formation Formateur, Coach, Créateur de parcours e-learning

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Personne ne croyait en moi. À part moi.

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